Charte Ville-Port, Qu'est ce que c'est ?

mercredi 3 avril 2013 Publié par WICR

          


LA CHARTE VILLE/PORT


C’est quoi ?
Euroméditerranée ne s’est pas fait sans tiraillements, notamment  entre les la Ville de Marseille et le Port, principaux propriétaires fonciers de la Zone, le style « je te donne ci et tu me donne ça ».
La charte ville/port signe la paix des braves autour des bassins Est du Grand Port Maritime de Marseille.   

Les signataires :
. Le port
. La Communauté urbaine
. La Ville de Marseille
. La Région

Coût global estimé à 450 millions d’euros, dont beaucoup d’argent public.



Les projets.

- Au Sud (J4) : Le Water Front (Front de mer) + Mucem et Villa Méditerranée + Bateaux de croisière de luxe et de haute plaisance.

- La Joliette : Nouveau siège du Port (35M€) + Terrasses du port + 200 000m2 pour la promotion immobilière.

- Le Maghreb (qui n’est sans doute pas considéré comme un trafic de luxe) , migre au Nord, vers le Cap Janet.

- Au Nord (nous) : les grands projets du port industriel.

Vous l’aurez compris, la Ville et le port se sont entendus pour :

- Redonner aux Marseillais l’accès à la mer, mais juste au nord du Vieux Port

- Créer des milliers de m2 ouverts à la spéculation immobilière pour des zones commerciales, des bureaux et des logements.

- Repousser vers le nord (chez nous), toutes les nuisances des activités industrielles et logistiques : à nos portes, sous nos fenêtres, vont s’ouvrir  la forme 10 et la gare de Mourepiane.

                               
" Marseille, avril 2013 : vues centre et nord."

LA FORME 10
Reprise de la réparation navale sur la plus grande forme d’Europe (465m sur 85m) qui peut accueillir des bateaux de plus de 250m de long. Cet équipement, réalisé à grands frais au début des années 70, n’a été exploité à plein que pendant une dizaine d’années. Elle a ensuite fonctionné comme un équipement de secours en complément des formes 8 et 9, avant d’être fermée complètement il y a treize ans.
Compte tenu de l’importance des nuisances (bruit et poussière), la remise en fonction de cette forme après trente ans d’abandon est une insulte aux habitants de ces quartiers.
La mise en exploitation d la forme 10 est prévue début 2015, avec une occupation  d’une centaine de jours par an.

Coût : 10M€ pour le seul bateau port, 25M€ pour l’ensemble.

Et l’emploi ?
Ferdinando Garré, patron de la future Forme 10, répond :
« Notre but n’est pas de réunir au sein de notre chantier naval des milliers de salariés mais de pouvoir compter sur un vaste réseau de spécialistes extérieurs » (Déclaration aux Nauticales de La Ciotat)


La gare de Mourepiane
Il s’agit d’y relancer le trafic de containers en rénovant le faisceau ferroviaire obsolète et en le reliant au réseau existant. En fait, il s’agit d’un déplacement de l’actuelle gare du Canet (25ha rétrocédés à Euromed 2).

Projet :
- Création d’une plateforme multimodale mer/fer/route sur 15ha (pour ceux qui connaissent : la plateforme occupera le terrain du port entre la porte 4 ).
- Réouverture de l’accès SNCF de Mourepiane, désaffecté depuis 18 ans (1995)
- Objectif : 200 000 containers en 2013 et 300 000 en 2020.

Plan gare de Mourepiane.
- En jaune, le réseau de fret
- En rouge : les zones habitées

Aspect économique :

Coût : 65M€ dont 40 millions d’argent public.

- La plateforme ne sera pas gérée par le Port mais par des opérateurs privés, sélectionnés par appel d’offres pour 5% sur des critères d’emplois et pour 5% sur des critères d’environnement. Le reste, c’est le bussiness…
- Le port, lui, touchera une rente de 375 000€ par an pendant trente ans.

Aspect écologique :

Le fret ferroviaire, naturellement, nous sommes pour ! Mais qui peut croire que la gare de Mourepiane est un grand projet visant à favoriser le fret ferroviaire ?
- L’essentiel des containers se trouvent à Fos et que l’implantation urbaine de Mourepiane limite naturellement les ambitions.
- 90% des 100 000 camions transférés du Canet restent sur PACA et ne sont pas concernés pas le fret.


Les nuisances :

D’abord des travaux colossaux, puis début des festivités fin 2015
  • Le bruit des trains,
  • Le bruit de manutention des containers
  • La pollution des machines diésel qui vont devoir pousser les trains dans la côte nécessaire pour passer au-dessus de Consolat
  • Les cités de Consolat coupées en deux par des trains de containers de 800m de long.




Quand on sait comment le port se débrouille avec la gestion des nuisances actuelles, on imagine facilement la gestion future !




  « Le Seipem, trois mois de bruit et de pollution jour et nuit parce le port était incapable d’assurer son alimentation électrique »