La voie ferrée qui va couper Consolat en deux

dimanche 2 décembre 2012 Publié par WICR



Vraie fausse concertation à Consolat.
22 novembre 2012



Compte-rendu d’une réunion-catastrophe, noyée dans la mauvaise foi, la démagogie grosse comme le bras et les chausse-trappes. En face, des habitants qui n’arrêtent pas de dire « non », comme ils peuvent, dans le désordre, pendant que la réunion avance en cahotant, enjambant les oppositions, jusqu’à l’impasse finale.


Le Cadre

Rappel : la réunion, la troisième du genre, porte sur la remise en fonction de la voie ferrée qui va faire traverser les cités de Consolat par trains à conteneurs de 800m de long, suite au grandiose projet de gare à conteneurs de Mourepiane.







A la tribune, Samia Ghali, Sénatrice - Maire de secteur et les représentants (nombreux et anonymes) de RFF (Réseau Ferré de France). Le Port n’est pas là, on le réclame à cors et à cris. Il arrivera en retard et refusera d’abord de se mettre à la tribune – tout cela ne le concerne pas, n’est-ce pas ?-. On insiste. Une représentante du Port prend place finalement. On découvrira plus tard que celle qui a des choses à dire, suite à de fortes interpellations, n’est pas celle qui est à la tribune mais celle qui est restée dans la salle.

Prémices

Elle avait pourtant bien commencé, cette réunion ! Tout baignait puisque le représentant de RFF annonçait que « toutes les demandes des habitants avaient été prises en compte » (sauf celle de ne pas avoir de trains de conteneurs sous le nez mais ça, ce n’était plus la peine d’en parler puisque c’était le sujet des concertations précédentes).

Les habitants disent « NON »

Vu le chaos ambiant, nous ne garantissons pas l’ordre chronologique. Nous essayons seulement de rendre au mieux l’ambiance.

-« NON » à l’absence d’informations claires. Quand on demande des chiffres précis concernant le nombre de décibels, on nous renvoie à des documents consultables en Mairie ou sur Internet. D’ailleurs, nous dit-on, ce point a été abordé dans une précédente réunion. ON PASSE A AUTRE CHOSE !

 « NON » à des emplois sortis de derrière les fagots. Dans ces quartiers de misère, les emplois, on le sait, c’est de l’or. Alors, pour faire passer le reste, on nous sert une politique d’insertion. Sauf que …

- Les travaux commencent dans dix jours. Il s’agit précisément de débroussaillage, c'est-à-dire de travail qui ne demande pas une grosse qualification. Pourquoi n’en parle-t-on que maintenant ? Comment compte-t-on mettre en place la fameuse politique d’insertion en dix jours ?

- La politique en question s’appuiera sur le centre social. « On m’en a parlé il y a 5’ », dit la directrice du centre social.

- L’entreprise d’insertion sollicitée est à l’autre bout de la ville (il paraît qu’il n’y en a pas dans notre quartier) et on n’est absolument pas sûrs que ce sont des habitants de nos malheureuses cités sinistrées qui seront recrutés. ON PASSE A AUTRE CHOSE !

« NON » à un souterrain coupe-gorge. On en arrive aux plans : y figure, pour passer d’un côté à l’autre de la voie ferrée, un souterrain que les habitants ont toujours refusé comme dangereux dans le contexte social de la cité. Ils réclament une passerelle à l’air libre. « Impossible techniquement », nous dit-on. La passerelle serait trop haute. Il faudrait des ascenseurs qui seraient toujours en panne. Les gens se plaindraient d’avoir à monter trop de marches en portant leurs courses.

- N’y a-t-il pas, à Bougainville, des escaliers mécaniques empruntés par des milliers de gens qui fonctionnent depuis des années… à condition de les entretenir, bien sûr !

- Ou alors : ne doit-on pas considérer qu’un projet qui condamne les habitants à emprunter tous les jours un souterrain coupe-gorge ou à grimper et descendre l’équivalent de trois étages pour faire leurs courses est, tout simplement, un projet INACCEPTABLE ?

« NON » à des aménagements que personne n’entretiendra. Là, on est dans le joli, le frais… on nous propose des plantations, des arbustes, ils sont dessinés en vert sur le plan…. Seul inconvénient : RFF ne garantit l’entretien de ses aménagements que pour trois ans. Après, on verra bien. Comme on voit bien tous les talus de chemins de fer non débroussaillés, les délaissés qui défigurent nos quartiers, les arbres non arrosés de la colline Consolat qui ont crevé… et tout ça qui brûle joyeusement chaque année.

- A ce moment, la Maire de Secteur, qui avait joué les médiatrices jusque-là, pique une grosse colère : ras le bol de ces grands projets qui se décident par-dessus la tête des habitants et où il faut mendier ensuite chaque petit aménagement. Les habitants se sentent humiliés, elle aussi. Elle met fin à la réunion.

- Les habitants se lèvent en criant : « Votre train ne passera pas ! »

Concertation ratée.

- Est-ce que RFF considèrera que, la concertation étant une simple formalité administrative, elle a eu lieu et qu’on peut continuer ?

Affaire à suivre….