GRAVELEAU - Historique

dimanche 10 janvier 2010 Publié par WICR
GRAVELEAU
Ou : Que faire quand vous apprenez que 600 monstres de quarante tonnes vont débarquer chaque jour sous vos fenêtres ?

Réponse : n’importe quoi, mais surtout pas vous résigner !

A L’ORIGINE  :

- Le 1er juillet 2002 : la Ville de Marseille signe un permis de construire à GRAVELEAU pour la construction d’une entreprise de transport sur un terrain ayant appartenu aux Tuileries de Saint-André. Ce permis de construire n’est pas affiché et ne le sera que fin juillet 2003 alors que les travaux ont commencé depuis plus de six mois. Pendant tout ce temps, c’est un ancien permis, accordé pour la construction d’un Hôtel de Télécommunication, qui restera en place.

Le permis de construire de "l'hôtel des télécommunications" photographié alors que les travaux de Graveleau ont commencé depuis quatre mois.


- Le 26 décembre 2003 : Graveleau s’installe.

L’ACCES A GRAVELEAU : un chef d’œuvre !

Imaginez ....
Une entreprise de transports occupant un terrain de 60000m2, avec 110 hangars à quai et un trafic de 500 poids lourds par jour qui se déverse par un portail de 4 mètres de large, qui ne permet même pas à des camions de se croiser ou de croiser un simple véhicule de tourisme...
Imaginez ....
Ce même portail jouxtant un autre portail de 4 mètres, lui-même riche en passage de poids lourds (ceux de Lafarge).
Imaginez ....
Ces deux portails se déversant sur une Impasse de  six mètres vingt-quatre, au ras des maisons.
Imaginez ....
L’impasse aboutissant à un giratoire (au pied des maisons) dont le rayon est tel que certains semi-remorques sont obligés de mordre sur le terre-plein central.
Imaginez ....
 Le tout débouchant avec une très mauvaise visibilité (pour sortir) et un tourne-à-gauche (pour entrer) sur une avenue déjà saturée  et dangereuse (13000 véhicules/jour).
.... Et vous aurez....
Le plus infâme bricolage que l’urbanisme marseillais ait jamais produit !
Avec un peu d’imagination supplémentaire, vous pouvez reconstituer l’intégralité du tableau : la vue des monstres qui défilent, le bruit  (entre 85 et 95 décibels à chaque passage), l’odeur, la pollution (les gaz d’échappement de diésel, particulièrement riches) et le sentiment permanent d’insécurité.

QU’AVONS-NOUS FAIT ? A peu près tout et pas tout à fait n’importe quoi.

Sous la bannière de Cap au Nord, sous celle du Collectif pour la défense du cadre de vie dans les 15° et 16° arrondissements, ou sous celle des Comités d’Action camions, nous avons mené une bataille de 7 ans, avec un large soutien des associations, et des habitants. Merci à tous ceux qui nous ont soutenus ! En fait, dès le début, nous avons mené une action sur deux plans :
- Sur l’emplacement même de l’entreprise, pour réclamer un rond-point qui limiterait les nuisances en permettant aux camions de se déverser directement sur le chemin de St Louis au Rove tout en régulant la circulation sur cet axe.
- Sur l’ensemble du quartier en menant une bataille généralisée contre les camions qui sont devenus le fléau n°1 des 15° et 16° arrondissements.

Caricature parue dans Marseille l'Hebdo (18 novembre 2003)


Couverture du dossier pour la conférence de presse du 23 février 2005.

Nous avons intenté une action en justice. Le 15 juillet 2003, nous avons demandé l’annulation du permis de construire au Tribunal Administratif. Après trois ans et demi, le 14 décembre 2006, on a finalement été déboutés. Notre recours n’était pas  valable (il a fallu trois ans et demi pour s’en apercevoir !) parce que nous avions oublié d’adresser copie à Graveleau du premier courrier de recours gracieux au Maire de Marseille (ce qui constitue apparemment un vice de forme beaucoup plus grave que le non affichage d’un permis de construire !)

- Nous avons informé, distribué des tracts, alerté la presse.
- Nous avons  fait signer des pétitions, organisé des rassemblements et des manifestations
- Nous avons organisé des comptages de camions et des mesures de bruit
etc….etc…

Le plus dur : les courriers, les relances, les coups de téléphone,  les demandes de rendez-vous, la difficulté à obtenir des informations fiables, les promesses non tenus.

Les meilleurs souvenirs :
-  La manifestation  « Camions humains » du 15 novembre 2003 avec trois cortèges venus des Aygalades, de Consolat et de Saint-Henri qui se rejoignaient sur le rond-pont.
- Le barrage-petit déjeuner organisé en l’honneur des camions de déménagement de Graveleau, le 26 décembre 2003. Le lendemain de Noël, à huit heures du matin, on n’était pas frais mais on avait froid !
- L’immense banderole « Graveleau invite, les habitants trinquent » accrochée pour  saluer l’inauguration officielle de Graveleau, le 2 juillet 2004.
- La conférence de presse intitulée « Tournis » organisée le 2 juin 2004 au beau milieu du rond-point. C’était spectaculaire : la presse écrite, les radios et les télés étaient là !

Le 7 mai 2009, une réunion publique annonçait la construction du rond-point.
7 ans après, nous avions gagné !
…Mais il y a encore du boulot à faire :
Il y a toujours des camions plein nos quartiers !