TPA : Une bataille pour le droit à respirer.

lundi 26 octobre 2009 Publié par WICR


HISTORIQUE :

- 1990 : L’Entreprise TPA (Travaux de Pompage et d’Assainissement) , créée en 1979, est déjà installée à Mourepiane mais ne fait que du pompage et du stockage de résidus pétroliers en provenance de bateaux. Les déchets sont ensuite transportés à Fos, sur un site classé, pour y être traités par l’entreprise R.T.D.H. Les riverains ne se plaignent d’aucune nuisance.

- 2000 : VIVENDI rachète R.T.D.H

- 2001 : VIVENDI rachète TPA.

- Début 2002 : TPA s’équipe d’une puissante centrifugeuse et commence à retraiter les déchets sur place, par chauffage,  provoquant de graves nuisances dans Mourepiane et les environs.

- Eté 2002 : un groupe d’habitants de Mourepiane, particulièrement exposés au vent qui souffle de TPA, s’organise au sein de Cap au Nord après avoir en vain essayé d’attirer l’attention des politiques et des autorités portuaires. Essentiellement sous la bannière du Collectif pour la Défense du Cadre de Vie mais aussi avec la participation de CIQ, de diverses associations et d’habitants à titre individuel, ils mèneront la bataille jusqu’à la victoire. Leur revendication : que la partie polluante de l’activité (le traitement des déchets pétroliers) ne se fasse plus de manière « sauvage » dans un bassin d’habitation mais dans un site classé et donc, théoriquement, adapté et surveillé.

- Janvier 2009 : La centrifugeuse de Mourepiane est démontée. Le traitement des déchets pétroliers ne se fera plus sur place mais sur le site classé de RTDH à Fos sur Mer.

LES NUISANCES
Pour comprendre la situation, il faut savoir que TPA, bien que dans l’enceinte portuaire, est située à une centaine de mètres d’habitations, juste en dessous de la butte de Mourepiane qui compte plus d’un millier d’habitants et, plus généralement (l’air se déplace!), en plein bassin urbain.

L’odeur : Le premier signe sensible de la proximité de TPA, c’était , certains jours, une odeur abominable qui faisait abandonner jardins et terrasses et s’infiltre jusque dans les maisons. Le 12 septembre 2002, l’odeur était tellement forte à l’Ecole Primaire de la Viste (plus de 2km à vol d’oiseau) qu’on a cru à une fuite de gaz dans l’établissement et que 350 élèves ont été évacués. L’entreprise TPA a été obligée de reconnaître que l’odeur provenait de chez elle.

Les malaises : Au début de l’été 2002, les habitants de Mourepiane ont commencé à souffrir de migraines, de nausées, de toux persistantes et d’allergies oculaires. Plaintes au commissariat et certificats médicaux l’attestent.

Pollution chimique : Là, il faut être plus nuancé. TPA traitait des hydrocarbures composés à 50% d’eau et 50% de fuel lourd ou fuel 380. Les premiers résultats d’analyse (juillet 2002) indiquaient que les émissions de Composés Organiques Volatils (C.O.V) étaient près de deux fois au-dessus de la valeur limite autorisée (210,7mg/ Nm3 eq C au lieu de 110). Les derniers résultats établis par Airmarex (chargé par la Ville de Marseille de la surveillance de la qualité de l’air) indiquaientt qu’ils se situaient aujourd’hui légèrement en-deça de cette limite.
Ces chiffres étaient naturellement toujours contestables, notamment en fonction de la période à laquelle sont effectués les prélèvements alors que les émanations sont extrêmement variables.

Sécurité : TPA chauffait à 85° des produits dont le point éclair (c’est à dire le point d’explosion) se situe à 100°. Les habitants étaient d’autant plus inquiets que beaucoup se souvenaient encore du gigantesque incendie provoqué, toujours sur Mourepiane, par l’explosion de l’entreprise Tankerservice en avril 1979,

LES FORMES DE LUTTE :

- Occupation de l’usine TPA en juillet 2002.
- Plaintes avec certificats médicaux auprès de la police. Plainte collective au Porcureur de la République.
- Pétitions
- Manifestations multiples en 2002, 2003, 2004
- Nombreux articles de presse et conférence de presse le 24 novembre 2004.
- En 2005-2006 : pendant plusieurs mois, rassemblement tous les samedis devant la Porte 5 du Port Autonome de Marseille, avec des formes d’action diverses : distributions de tract aux automobilistes, manifestants déguisés en sac poubelle, jets de légumes avariés par-dessus l‘enceinte portuaire parce que les techniciens chargés des analyses de l’air nous avaient conseillé  de ne plus consommer les fruits et légumes de nos jardins etc….
- A partir de 2006, le déplacement de l’activité étant théoriquement décidé, suivi vigilant du dossier, en relation avec l’entreprise Vivendi, devenue Véolia.
NOTRE CONCLUSION :

Nous avons gagné…. Au bout de sept ans ! Que d’énergie dépensée pour une activité dont l’installation n’aurait jamais dû être tolérée si les différentes autorités avaient fait leur travail. C’est ce que nous avons exprimé, en même temps que notre opinion sur le cas parallèle de Graveleau, en réunion publique le 7 mai 2009.
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